Biologie Maroc
Physique II (mécanique, électricité) · S2 · Chapitre 4 sur 7

Électrostatique : charges, loi de Coulomb, champ et potentiel

Lecture : 11 min·Rédigé par l'équipe Biologie Maroc·Mis à jour : août 2026

L'électrostatique étudie les charges au repos et les forces qu'elles exercent. Ce chapitre pose les bases de toute la partie électricité du module : la charge et ses distributions, la loi de Coulomb, le champ électrostatique, le potentiel dont il dérive et la topographie du champ. Les formules qui y sont établies servent dans chaque exercice d'électricité de l'examen de Physique 2.

1. La charge électrique et ses distributions

La matière est faite de noyaux positifs et d'électrons négatifs. La charge électrique, mesurée en coulombs (C), existe sous deux signes : deux charges de même signe se repoussent, deux charges de signes contraires s'attirent. Elle est quantifiée : toute charge est un multiple entier de la charge élémentaire e = 1,6×10-19 C (charge du proton +e, de l'électron −e), et conservée dans un système isolé. Un corps est neutre lorsque ses charges positives et négatives se compensent. Un conducteur (métaux, solutions ioniques) possède des charges libres capables de se déplacer, un isolant (verre, plastique, bois sec) n'en possède pas.

Une charge ponctuelle est une charge dont les dimensions sont négligeables devant les distances considérées, comme le point matériel en mécanique. Quand la charge est répartie sur un corps, on définit une densité : linéique λ = dq/dl (C·m-1) pour un fil, surfacique σ = dq/dS (C·m-2) pour une surface, volumique ρ = dq/dV (C·m-3) pour un volume. La distribution est dite uniforme lorsque la densité est constante ; la charge totale s'obtient alors par simple produit, par exemple Q = σS pour un disque uniformément chargé.

2. La loi de Coulomb

Deux charges ponctuelles q1 et q2, au repos dans le vide et distantes de r, exercent l'une sur l'autre des forces opposées portées par la droite qui les joint : F1/2 = k q1q2/r² u12, où u12 est le vecteur unitaire dirigé de q1 vers q2, et k = 1/(4πε0) ≈ 9×109 N·m²·C-2, ε0 ≈ 8,85×10-12 F·m-1 étant la permittivité du vide. Si q1q2 > 0 la force est répulsive, sinon attractive. La force de Coulomb obéit au principe de superposition : la force subie par une charge de la part de plusieurs autres est la somme vectorielle des forces exercées par chacune. Elle a la même forme en 1/r² que la gravitation mais elle est considérablement plus intense : à l'échelle atomique, la gravitation est totalement négligeable.

3. Le champ électrostatique

On dit qu'il règne un champ électrostatique E en un point si une charge d'essai q placée en ce point subit une force F = q E. Le champ est donc une propriété de l'espace, indépendante de la charge d'essai ; il s'exprime en V·m-1 (ou N·C-1). Une charge ponctuelle q placée en O crée en M, à la distance r, le champ E(M) = q/(4πε0r²) u, u étant le vecteur unitaire de O vers M : le champ est centrifuge autour d'une charge positive, centripète autour d'une charge négative. Pour un ensemble de N charges, E = Σ Ei (superposition) ; pour une distribution continue, on remplace la somme par une intégrale, E = ∫ dq/(4πε0r²) u avec dq = λdl, σdS ou ρdV. Les symétries de la distribution simplifient le calcul : le champ appartient à tout plan de symétrie des charges et est perpendiculaire à tout plan d'antisymétrie.

4. Le potentiel électrostatique

La circulation du champ électrostatique entre deux points ne dépend pas du chemin suivi : le champ est conservatif et dérive d'une fonction scalaire, le potentiel V, selon E = −grad V, soit dV = −E·dl. Le potentiel, en volts (V), est défini à une constante près que l'on fixe en imposant V = 0 à l'infini lorsqu'il n'y a pas de charge à l'infini. Une charge ponctuelle crée V(M) = q/(4πε0r) ; pour plusieurs charges, V = Σ Vi, somme scalaire beaucoup plus simple que la somme vectorielle des champs. La différence de potentiel entre A et B vaut VA − VB = ∫AB E·dl. L'énergie potentielle d'une charge q placée en un point de potentiel V est Ep = q V, et le travail de la force électrostatique de A à B est WAB = q(VA − VB).

Définition — Surface équipotentielle

Surface sur laquelle le potentiel V garde la même valeur. Les lignes de champ, courbes tangentes en chaque point au vecteur E, sont perpendiculaires aux équipotentielles et orientées dans le sens des potentiels décroissants.

5. Topographie du champ et dipôle

Les lignes de champ partent des charges positives et aboutissent aux charges négatives ; elles ne se croisent jamais, et leur resserrement signale un champ intense. Le dipôle électrostatique est formé de deux charges opposées +q et −q distantes de d ; on le caractérise par son moment dipolaire p = q d, orienté de −q vers +q, en C·m. À grande distance (r ≫ d), le potentiel décroît en 1/r² : V(M) = p cos θ/(4πε0r²), et le champ en 1/r³, plus vite que celui d'une charge isolée. Placé dans un champ extérieur uniforme E, le dipôle possède l'énergie potentielle Ep = −p·E et subit un couple Γ = p ∧ E qui tend à l'aligner sur le champ. Ce modèle décrit les molécules polaires comme l'eau, ce qui explique son importance en biologie.

GrandeurExpressionUnitéNature
Force sur q'F = q q'/(4πε₀r²) uNVecteur
ChampE = q/(4πε₀r²) uV·m⁻¹Vecteur, en 1/r²
PotentielV = q/(4πε₀r)VScalaire, en 1/r
Énergie potentielle de q'E_p = q' VJScalaire
Relation champ-potentielE = −grad VdV = −E·dl

Champ et potentiel d'une charge ponctuelle q

À retenir
  • Charge quantifiée (e = 1,6×10⁻¹⁹ C) et conservée ; densités λ, σ, ρ pour les distributions continues.
  • Coulomb : F = q₁q₂/(4πε₀r²) u₁₂, k = 1/(4πε₀) ≈ 9×10⁹ SI ; répulsive si q₁q₂ > 0.
  • E = F/q ; charge ponctuelle : E = q/(4πε₀r²) u, V = q/(4πε₀r) ; superposition.
  • E = −grad V ; W_AB = q(V_A − V_B) ; lignes de champ ⊥ équipotentielles, vers les V décroissants.
  • Dipôle : p = q d (de −q vers +q), V en 1/r², E en 1/r³, E_p = −p·E.
Ça tombe à l'examen

L'exercice classique place deux ou trois charges aux sommets d'un triangle ou d'un carré et demande le champ et le potentiel au centre, puis la force sur une charge qu'on y dépose. Additionne les champs vectoriellement (en projetant) mais les potentiels scalairement, avec leur signe. Autre piège fréquent : confondre E en 1/r² et V en 1/r, ou oublier que le champ n'est pas défini au point où se trouve la charge qui le crée.

Le cours complet en PDF38 cours magistraux de professeurs à lire et télécharger — gratuit avec ton compte étudiant.
Voir les PDF du module