Biologie Maroc
Histologie – Embryologie · S1 · Chapitre 6 sur 8

Les tissus épithéliaux

Lecture : 12 min·Rédigé par l'équipe Biologie Maroc·Mis à jour : août 2026

L'histologie étudie les tissus, ensembles de cellules et de matrice extracellulaire assurant une fonction commune. On distingue quatre tissus fondamentaux : épithélial, conjonctif, musculaire et nerveux. Ce chapitre ouvre la partie histologie par les épithéliums, qui recouvrent toutes les surfaces du corps et forment les glandes. Leur classification est une question quasi systématique aux examens de S1.

1. Introduction : tissus et techniques histologiques

Les tissus dérivent des trois feuillets embryonnaires et se combinent pour former les organes. Leur étude repose sur la technique histologique classique : fixation (formol) pour conserver les structures, déshydratation et inclusion en paraffine, coupes fines de quelques micromètres au microtome, puis coloration. La coloration de référence est l'hématoxyline-éosine (HE) : l'hématoxyline, basique, colore en bleu-violet les structures acides (noyaux, ribosomes : structures basophiles) ; l'éosine, acide, colore en rose les structures basiques (cytoplasme, collagène : structures acidophiles ou éosinophiles). Le trichrome de Masson, le PAS (glucides) ou l'orcéine (fibres élastiques) complètent l'arsenal. La microscopie électronique révèle l'ultrastructure.

2. Caractères généraux des épithéliums

Un épithélium est un tissu formé de cellules jointives, étroitement unies par des jonctions, avec très peu de matrice extracellulaire. Il repose sur une lame basale (collagène IV, laminine, protéoglycanes) qui le sépare du tissu conjonctif sous-jacent. Il est avasculaire : il se nourrit par diffusion à partir des capillaires du conjonctif, mais il est richement innervé. Ses cellules sont polarisées, avec un pôle apical tourné vers la lumière ou l'extérieur et un pôle basal appliqué sur la lame basale. Les épithéliums se renouvellent en permanence à partir de cellules souches basales. Ils dérivent des trois feuillets : ectoderme (épiderme), endoderme (intestin), mésoderme (endothélium des vaisseaux, mésothélium des séreuses).

La cohésion est assurée par les jonctions intercellulaires : jonctions serrées (zonula occludens) au pôle apical, qui ferment l'espace intercellulaire ; jonctions adhérentes (zonula adherens) et desmosomes, points d'ancrage aux filaments d'actine et de kératine ; hémidesmosomes qui fixent la cellule à la lame basale ; jonctions communicantes (gap), canaux de connexines permettant le passage d'ions et de petites molécules. Le pôle apical porte des différenciations : microvillosités formant le plateau strié de l'intestin ou la bordure en brosse du rein (absorption), cils vibratiles mobiles de la trachée et des trompes (transport du mucus ou de l'ovocyte), stéréocils immobiles de l'épididyme.

3. Les épithéliums de revêtement

On les classe selon deux critères. Le nombre de couches : épithélium simple (une seule assise, toutes les cellules touchent la lame basale), stratifié (plusieurs assises, seule la couche basale touche la lame basale) ou pseudostratifié (une seule assise dont toutes les cellules touchent la lame basale, mais les noyaux sont à des hauteurs différentes, ce qui simule une stratification). La forme des cellules superficielles : pavimenteuses (aplaties), cubiques ou prismatiques (cylindriques). On précise s'il existe une kératinisation ou des différenciations apicales.

Exemples à connaître : l'endothélium des vaisseaux et le mésothélium des séreuses sont simples pavimenteux ; les tubes rénaux et les canaux glandulaires sont simples cubiques ; l'estomac et l'intestin sont simples prismatiques (à plateau strié et cellules caliceuses pour l'intestin) ; la trachée est pseudostratifiée prismatique ciliée à cellules caliceuses ; l'épiderme est stratifié pavimenteux kératinisé, tandis que l'œsophage, la bouche et le vagin sont stratifiés pavimenteux non kératinisés ; les voies urinaires ont un épithélium de transition ou urothélium, dont les cellules superficielles en ombrelle s'aplatissent quand la vessie se remplit.

4. Les épithéliums glandulaires

Les glandes naissent d'un bourgeonnement de l'épithélium de revêtement dans le conjonctif. Les glandes exocrines gardent un canal excréteur et déversent leur produit à la surface d'un épithélium ; les glandes endocrines perdent tout contact avec la surface et libèrent des hormones dans le sang. Les glandes exocrines se classent selon la forme de la portion sécrétrice (tubuleuse comme les glandes de Lieberkühn, acineuse comme le pancréas exocrine, alvéolaire comme la glande mammaire), la ramification du canal (simple ou composée), la nature du produit (séreuse à sécrétion protéique fluide, muqueuse à mucus, mixte ou séromuqueuse comme la glande sous-maxillaire) et le mode d'excrétion : mérocrine par exocytose sans perte de cytoplasme (la plupart), apocrine avec perte du pôle apical (glande mammaire), holocrine avec destruction totale de la cellule (glande sébacée).

Les glandes endocrines s'organisent en cordons entre des capillaires (surrénale, adénohypophyse), en vésicules ou follicules stockant la sécrétion (thyroïde, seul exemple) ou en amas dispersés (îlots de Langerhans du pancréas). Certains organes sont amphicrines : le pancréas associe des acini exocrines et des îlots endocrines dans des cellules distinctes, alors que l'hépatocyte du foie est à la fois exocrine (bile) et endocrine (glucose, protéines plasmatiques). Des cellules endocrines isolées sont aussi disséminées dans les épithéliums digestif et respiratoire (système endocrinien diffus).

Définition — Lame basale

Fine couche de matrice extracellulaire (collagène IV, laminine, protéoglycanes) sécrétée par les cellules épithéliales, sur laquelle repose tout épithélium et qui le sépare du tissu conjonctif.

Définition — Épithélium pseudostratifié

Épithélium à une seule assise dont toutes les cellules touchent la lame basale, mais dont les noyaux sont étagés à des hauteurs différentes, donnant une fausse impression de stratification (trachée).

TypeCaractèresExemples
Simple pavimenteuxUne assise de cellules aplatiesEndothélium, mésothélium, alvéoles pulmonaires
Simple cubiqueUne assise de cellules cubiquesTubes rénaux, canaux glandulaires
Simple prismatiqueUne assise de cellules hautesEstomac, intestin (plateau strié), trompe (cils)
Pseudostratifié ciliéNoyaux étagés, toutes cellules sur la lame basaleTrachée, bronches
Stratifié pavimenteuxPlusieurs assises, cellules superficielles aplatiesÉpiderme (kératinisé), œsophage (non kératinisé)
De transition (urothélium)Cellules en ombrelle, épaisseur variableVessie, uretères

Classification des épithéliums de revêtement

À retenir
  • Épithélium = cellules jointives, polarisées, sur une lame basale, sans vaisseaux, renouvelées en permanence.
  • Jonctions : serrées (étanchéité), adhérentes et desmosomes (cohésion), hémidesmosomes (ancrage basal), gap (communication).
  • Classification de revêtement : nombre de couches (simple, stratifié, pseudostratifié) × forme (pavimenteux, cubique, prismatique).
  • Exocrine = canal excréteur ; endocrine = hormones dans le sang, organisation en cordons, vésicules ou amas.
  • Modes d'excrétion : mérocrine (exocytose), apocrine (pôle apical, glande mammaire), holocrine (cellule entière, glande sébacée).
Ça tombe à l'examen

Question classique : identifier un épithélium sur une microphotographie ou un schéma et justifier (nombre de couches, forme, différenciations apicales). Pièges : l'endothélium et le mésothélium sont des épithéliums simples pavimenteux malgré leur origine mésodermique ; la trachée est pseudostratifiée, pas stratifiée. Retiens l'exemple précis de chaque mode d'excrétion.

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