Biologie Maroc
Floristique · S4 · Chapitre 4 sur 8

La fleur, l'inflorescence, le fruit et la formule florale

Lecture : 13 min·Rédigé par l'équipe Biologie Maroc·Mis à jour : août 2026

La fleur est l'organe qui porte l'essentiel des caractères de classification : c'est sur elle que reposent les clés de détermination des familles. Ce chapitre décrit les quatre verticilles floraux, la symétrie, la position de l'ovaire, les principales inflorescences et les types de fruits, puis explique comment écrire une formule florale. C'est le chapitre le plus rentable du module.

1. Les quatre verticilles de la fleur

Une fleur complète est un rameau court dont les feuilles modifiées s'insèrent sur un axe élargi, le réceptacle, porté par un pédoncule. De l'extérieur vers l'intérieur, on trouve quatre verticilles. Le calice est l'ensemble des sépales (S), en général verts et protecteurs ; il est dialysépale si les sépales sont libres, gamosépale s'ils sont soudés. La corolle est l'ensemble des pétales (P), colorés et attractifs, dialypétale ou gamopétale. Calice et corolle forment le périanthe ; lorsqu'ils ne sont pas différenciables, on parle de tépales (T) et de périgone — cas fréquent chez les Monocotylédones et les Magnoliidées.

L'androcée réunit les étamines (E), chacune formée d'un filet et d'une anthère à deux loges produisant le pollen. Selon le nombre, l'androcée est isostémone (autant d'étamines que de pétales), diplostémone (deux fois plus) ou polystémone / méristémone (nombreuses et indéfinies) ; selon la soudure des filets, il est apostémone (libres), monadelphe, diadelphe ou synandre. Le gynécée (ou pistil) réunit les carpelles (C) ; il est apocarpe si les carpelles sont libres — caractère primitif — et syncarpe s'ils sont soudés. Chaque carpelle comprend un ovaire contenant les ovules, un style et un stigmate récepteur du pollen.

2. Symétrie florale et position de l'ovaire

Une fleur est actinomorphe (régulière) lorsqu'elle possède plusieurs plans de symétrie passant par son axe : la plupart des Rosacées, des Brassicacées, des Apiacées. Elle est zygomorphe (irrégulière) lorsqu'un seul plan de symétrie existe : Fabacées, Lamiacées, Orchidacées. Ce simple caractère sépare déjà les grandes familles dans une clé. La fleur est hermaphrodite (bisexuée) si elle porte étamines et carpelles, unisexuée sinon ; l'espèce est alors monoïque (les deux sexes sur le même pied) ou dioïque (pieds séparés, comme le palmier dattier).

La position de l'ovaire par rapport à l'insertion du périanthe est un caractère majeur. L'ovaire est supère quand il est inséré au-dessus des autres pièces (fleur dite hypogyne) ; il est infère quand il est soudé au réceptacle creusé et surmonté par le périanthe (fleur épigyne) ; il est semi-infère dans les cas intermédiaires (fleur périgyne). Ovaire infère et corolle gamopétale sont deux caractères considérés comme évolués : les Astéracées et les Rubiacées les cumulent, ce qui les place parmi les Angiospermes les plus dérivées.

3. Formule florale et diagramme floral

La formule florale résume la fleur en une ligne. On note dans l'ordre le nombre de sépales, de pétales, d'étamines et de carpelles, les parenthèses indiquant la soudure des pièces d'un même verticille : 5S + 5P + 10E + 1C se lit « cinq sépales libres, cinq pétales libres, dix étamines, un carpelle ». Ainsi (5S) + (5P) + 5E + (2C) décrit une fleur à calice et corolle soudés et à gynécée bicarpellé syncarpe. Un ovaire infère se signale par un trait au-dessus du chiffre des carpelles, la symétrie par les signes ⁕ (actinomorphe) ou ↓ (zygomorphe), le sexe par ♀, ♂ ou ⚥. Un nombre indéfini se note n ou ∞.

Le diagramme floral complète la formule : c'est la projection de la fleur sur un plan perpendiculaire à son axe, qui montre le nombre et la position relative des pièces — alternance des pétales et des sépales, position alternipétale ou épipétale des étamines, orientation par rapport à l'axe de l'inflorescence et à la bractée. Formule et diagramme sont les deux exercices pratiques les plus fréquents des examens de floristique : on te donne une fleur disséquée ou un dessin, tu dois produire la formule complète.

4. Les inflorescences

Une inflorescence est l'ensemble des fleurs groupées sur un même axe. Les inflorescences indéfinies (racémeuses) ont un axe à croissance continue et une floraison de la base vers le sommet : la grappe ou racème (fleurs pédicellées le long d'un axe), l'épi (fleurs sessiles), le chaton (épi souple et pendant), le spadice (épi charnu entouré d'une spathe, chez les Aracées et les palmiers), le corymbe (fleurs à pédicelles inégaux atteignant le même niveau), l'ombelle (pédicelles partant du même point, chez les Apiacées) et le capitule (fleurs sessiles serrées sur un réceptacle élargi, chez les Astéracées).

Les inflorescences définies (cymes) ont un axe terminé par une fleur, la croissance se poursuivant par des rameaux latéraux : cyme unipare (hélicoïde ou scorpioïde, chez les Boraginacées) ou bipare (dichasium, chez les Caryophyllacées). Les inflorescences composées combinent les deux modèles : panicule (grappe de grappes), ombelle composée d'ombellules chez les Apiacées, épi composé d'épillets chez les Poacées. La reconnaissance du type d'inflorescence permet souvent d'identifier la famille avant même de disséquer une fleur.

5. Les fruits et les graines

Après la double fécondation, l'ovaire devient le fruit et l'ovule la graine. Les fruits secs sont déhiscents — ils s'ouvrent à maturité : follicule (un carpelle, une fente), gousse ou légume (un carpelle, deux fentes, chez les Fabales), silique et silicule (deux carpelles séparés par une fausse cloison, chez les Brassicacées), capsule (plusieurs carpelles, ouverture loculicide, septicide ou poricide) — ou indéhiscents : akène, caryopse (akène à téguments soudés au péricarpe, propre aux Poacées), samare ailée, schizocarpe se fragmentant en méricarpes (Apiacées, Géraniacées, Malvacées).

Les fruits charnus comprennent la baie, dont tout le péricarpe est charnu et qui renferme plusieurs graines (raisin, tomate, datte), et la drupe, à endocarpe lignifié formant un noyau contenant une seule graine (olive, amande, pêche). On distingue enfin le fruit simple, issu d'une seule fleur à gynécée syncarpe, le fruit multiple issu d'un gynécée apocarpe (framboise) et l'infrutescence issue de toute une inflorescence (figue, ananas). La graine, elle, est albuminée quand l'albumen persiste comme tissu de réserve, exalbuminée quand les réserves passent dans les cotylédons.

Définition — Formule florale

Écriture abrégée d'une fleur donnant, verticille par verticille, le nombre de pièces et leurs soudures, complétée par la symétrie, le sexe et la position de l'ovaire.

Définition — Zygomorphe

Se dit d'une fleur irrégulière ne possédant qu'un seul plan de symétrie, comme chez les Fabacées et les Lamiacées.

Définition — Caryopse

Fruit sec indéhiscent à une seule graine dont le tégument est soudé au péricarpe ; fruit caractéristique des Poacées.

FruitSec / charnuDéhiscenceFamille type
Gousse (légume)SecDéhiscent, 2 fentesFabacées, Mimosacées
SiliqueSecDéhiscent, fausse cloisonBrassicacées
CapsuleSecDéhiscent, plusieurs carpellesMalvacées, Liliacées
CaryopseSecIndéhiscentPoacées
AkèneSecIndéhiscentAstéracées
BaieCharnuIndéhiscentSolanacées, Vitacées
DrupeCharnuIndéhiscent, noyauRosacées, Oléacées

Principaux types de fruits

À retenir
  • Quatre verticilles : calice (S), corolle (P), androcée (E), gynécée (C) ; périanthe indifférencié = tépales.
  • Actinomorphe = plusieurs plans de symétrie ; zygomorphe = un seul plan.
  • Ovaire supère (fleur hypogyne) vs ovaire infère (fleur épigyne) : caractère majeur des clés, l'infère étant évolué.
  • Formule florale : les parenthèses signalent la soudure des pièces d'un même verticille ; n ou ∞ pour un nombre indéfini.
  • Gousse → Fabales · silique → Brassicacées · caryopse → Poacées · akène sur capitule → Astéracées.
Ça tombe à l'examen

C'est le chapitre qui rapporte le plus de points : la moitié des sujets de Floristique S4 contient un exercice de formule florale ou de diagramme. Apprends par cœur les formules des huit à dix familles vues en TP et sache les justifier caractère par caractère. Pièges classiques : oublier de préciser la symétrie et la position de l'ovaire ; confondre baie et drupe (c'est l'endocarpe lignifié qui fait la drupe) ; appeler « fruit » la figue ou l'ananas, qui sont des infrutescences.

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