Le Maroc doit sa richesse biologique à sa position de carrefour biogéographique, entre Méditerranée, Atlantique et Sahara, et à un relief qui étage climats et végétations sur de courtes distances. Ce chapitre présente les grands types d'écosystèmes du pays et les communautés qui leur sont inféodées, un classique des questions de cours de ce module.
1. Le Maroc, un carrefour biogéographique
Le Maroc se situe au carrefour de plusieurs grandes influences biogéographiques : méditerranéenne au nord, atlantique à l'ouest, saharienne au sud et afrotropicale par ses marges désertiques. Le pays est reconnu comme faisant partie du point chaud de biodiversité (hotspot) du bassin méditerranéen, l'une des régions du monde combinant une forte richesse en espèces, un taux d'endémisme élevé et une pression anthropique importante. Le relief — Rif, Moyen Atlas, Haut Atlas, Anti-Atlas — crée des gradients altitudinaux et bioclimatiques qui font se succéder, parfois sur quelques dizaines de kilomètres, des étages humides et des étages arides à sahariens.
Cette juxtaposition de gradients explique pourquoi un même déplacement de quelques heures peut faire passer un observateur d'une forêt de cèdres enneigée à une steppe semi-aride, puis à une palmeraie présaharienne. Ce sont ces contrastes de climat, de relief et de sol, combinés à l'histoire biogéographique du pays, qui expliquent la mosaïque d'écosystèmes présentée dans ce chapitre.
2. Les écosystèmes forestiers et préforestiers
Les écosystèmes forestiers marocains s'étagent avec l'altitude et la latitude. La cédraie à Cedrus atlantica occupe les étages moyens et supérieurs du Moyen Atlas et du Rif ; les chênaies de chêne-liège (Quercus suber) et de chêne vert (Quercus rotundifolia) couvrent une grande partie des massifs atlasiques et rifains. Dans le Sud-Ouest, l'arganeraie, formée par l'arganier (Argania spinosa), espèce endémique du Maroc, constitue un écosystème agro-sylvo-pastoral original, reconnu réserve de biosphère par l'UNESCO en 1998. Le thuya (Tetraclinis articulata) domine des formations préforestières plus xériques.
3. Les écosystèmes montagnards et steppiques
Au-dessus de la limite forestière, les étages montagnards et alpins du Haut Atlas abritent une flore adaptée au froid et souvent endémique, en peuplements bas et discontinus. Sur les hauts plateaux et les piémonts arides, les steppes dominées par l'alfa (Stipa tenacissima) et l'armoise blanche (Artemisia herba-alba) occupent de vastes superficies ; elles servent traditionnellement de parcours pastoral et abritent une faune adaptée à l'ouverture du milieu, comme le mouflon à manchettes (Ammotragus lervia) dans les reliefs rocheux.
4. Les écosystèmes présahariens et désertiques
Au sud des chaînes atlasiques, les écosystèmes présahariens et sahariens se caractérisent par une aridité extrême et une végétation clairsemée, ponctuée d'oasis associées aux nappes et aux cours d'eau temporaires. La faune y présente des adaptations physiologiques et comportementales marquées à la rareté de l'eau et aux amplitudes thermiques : activité nocturne ou crépusculaire, capacité de concentration urinaire, comme chez le fennec (Vulpes zerda) ou la gazelle dorcas (Gazella dorcas), présente dans les confins présahariens.
5. Les zones humides et écosystèmes côtiers
Les zones humides marocaines — lagunes littorales, merjas, lacs et embouchures — jouent un rôle écologique disproportionné par rapport à leur superficie : épuration de l'eau, recharge des nappes, nurserie pour de nombreuses espèces. Plusieurs d'entre elles sont classées sites Ramsar, comme la lagune de Moulay Bousselham sur la façade atlantique, étape essentielle pour les oiseaux migrateurs de la voie de migration est-atlantique reliant l'Europe à l'Afrique subsaharienne. Les écosystèmes côtiers et marins, sur les deux façades méditerranéenne et atlantique, complètent cette mosaïque avec des habitats rocheux, sableux et des herbiers.
Ces zones humides et ces côtes sont aussi parmi les milieux les plus exposés aux pressions humaines décrites au chapitre 5 : l'urbanisation littorale, l'assèchement pour l'agriculture et la pollution des eaux menacent directement leur rôle d'habitat et d'étape migratoire, ce qui justifie leur inscription prioritaire dans le réseau national des aires protégées présenté au chapitre suivant.
Région combinant une forte richesse en espèces, un taux élevé d'endémisme et une perte importante d'habitat naturel sous pression anthropique ; le Maroc appartient au hotspot du bassin méditerranéen.
Caractère d'une espèce ou d'un taxon dont l'aire de répartition naturelle est limitée à une région géographique précise, ce qui la rend particulièrement vulnérable à la disparition de son habitat.
| Écosystème | Localisation type | Espèce représentative |
|---|---|---|
| Cédraie | Moyen Atlas, Rif | Cedrus atlantica |
| Arganeraie | Sud-Ouest marocain | Argania spinosa (endémique) |
| Steppe à alfa | Hauts plateaux, piémonts arides | Stipa tenacissima |
| Présaharien | Sud de l'Atlas | Gazella dorcas |
| Zone humide | Lagunes, merjas côtières | Oiseaux d'eau migrateurs |
Les grands écosystèmes marocains
- Le Maroc est un carrefour biogéographique méditerranéen, atlantique et saharien, inclus dans le hotspot du bassin méditerranéen.
- L'arganeraie, écosystème endémique du Sud-Ouest, est réserve de biosphère UNESCO depuis 1998.
- Cédraie et chênaies dominent les étages forestiers atlasiques et rifains ; steppes à alfa sur les piémonts arides.
- Les écosystèmes présahariens imposent des adaptations fortes à l'aridité (fennec, gazelle dorcas).
- Les zones humides marocaines, dont plusieurs sites Ramsar, sont des étapes clés de la voie de migration est-atlantique.
Sais associer chaque grand écosystème marocain (cédraie, arganeraie, steppe, présaharien, zone humide) à sa localisation et à une espèce représentative : c'est la question la plus fréquente de ce chapitre. Retiens aussi le statut particulier de l'arganeraie (endémique, réserve de biosphère 1998) et le rôle des zones humides pour les oiseaux migrateurs, souvent illustré par l'exemple de Moulay Bousselham.