Biologie Maroc
Fiche de révision · S3

Résumé — Microbiologie générale

Tout le module en une page : les chapitres condensés en points essentiels, le vocabulaire et les pièges d'examen. Pour la veille de l'épreuve.

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Le monde microbien : historique et place des microorganismes

  • Leeuwenhoek observe les premiers microbes en 1673 ; Pasteur (fermentations, pasteurisation) et Koch (postulats, culture pure) fondent la microbiologie moderne au XIXe siècle.
  • Expérience du ballon à col de cygne (Pasteur, 1861) → microbes partout dans l'air et la chaleur humide stérilise ; fin de la génération spontanée.
  • Haeckel crée en 1866 le règne des Protistes ; classification moderne : protistes supérieurs (eucaryotes) vs inférieurs (procaryotes), virus non cellulaires.
  • Trois domaines du vivant (Woese, 1977, ARNr 16S/18S) : Bacteria, Archaea, Eukarya.
  • Procaryote = pas de noyau, chromosome circulaire (nucléoïde), ribosomes 70S, pas d'organites, division par scissiparité vs eucaryote = noyau, ribosomes 80S, mitose.
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La cellule procaryote : structure générale, paroi et coloration de Gram

  • Structures obligatoires : cytoplasme (ribosomes 70S), nucléoïde, membrane cytoplasmique (chaîne respiratoire), paroi (sauf mycoplasmes).
  • Formes : coques, bacilles, spiralées ; groupements : diplo-, strepto-, staphylo-, tétrades selon le plan de division.
  • Gram (Christian Gram, 1884) : violet de gentiane → lugol (mordant) → alcool (décolorant) → fuchsine ; Gram+ reste violet, Gram− devient rose.
  • Peptidoglycane = chaînes NAG-NAM + tétrapeptides + ponts interpeptidiques ; cible du lysozyme (liaisons β-1,4) et des β-lactamines (transpeptidases).
  • Gram+ : paroi épaisse (20-80 nm), acides téichoïques vs Gram− : paroi mince (10-15 nm), membrane externe à LPS (lipide A = endotoxine), porines.
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Les structures facultatives : capsule, flagelles, pili, plasmides et endospore

  • Capsule polysaccharidique : anti-phagocytose, adhésion, antigène K, mise en évidence à l'encre de Chine (coloration négative).
  • Flagelle = flagelline + crochet + corps basal, moteur à force proton-motrice (pas d'ATP) ; dispositions monotriche, lophotriche, amphitriche, péritriche → chimiotactisme.
  • Pili communs → adhésion aux cellules hôtes ; pili sexuels (pili F, plasmide F) → conjugaison, 1 à 4 par cellule.
  • Plasmides : ADN circulaire extrachromosomique autonome, non essentiel, porteur de résistances (plasmides R) ou du transfert conjugatif (plasmide F).
  • Endospore (Bacillus, Clostridium) : forme de résistance et non de reproduction, riche en acide dipicolinique-Ca, survit à 100 °C, détruite seulement par autoclavage à 121 °C.
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Nutrition et métabolisme bactériens

  • Trois critères de classement trophique : source d'énergie (photo/chimio), donneur d'électrons (litho/organo), source de carbone (auto/hétéro) → chimioorganotrophes = la majorité des pathogènes.
  • Photosynthèse bactérienne anoxygénique (bactériochlorophylle, pas d'O₂ dégagé) sauf cyanobactéries, seules à produire de l'O₂ comme les plantes.
  • Respiration aérobie (accepteur O₂, ~38 ATP/glucose) vs respiration anaérobie (NO₃⁻, SO₄²⁻, CO₂) vs fermentation (accepteur organique interne, 2 ATP/glucose, sans chaîne respiratoire).
  • Types respiratoires : aérobie strict, anaérobie strict (sans catalase ni SOD), aéro-anaérobie facultatif, micro-aérophile, anaérobie aérotolérant.
  • Facteurs physico-chimiques : mésophiles 20-45 °C (optimum 37 °C) ; neutrophiles pH 6-8 ; halotolérants type Staphylococcus jusqu'à 7,5 % NaCl (milieu de Chapman).
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La croissance bactérienne et sa mesure

  • N = N₀ × 2ⁿ ; temps de génération G = t / n ; taux de croissance μ = n / t = 1 / G ; n = (log N − log N₀) / log 2.
  • Six phases de la courbe : latence (μ = 0) → accélération → exponentielle (μ maximal, G minimal) → ralentissement → stationnaire (μ = 0, facteur limitant épuisé) → déclin (μ < 0, autolyse).
  • Diauxie : deux phases exponentielles séparées par une latence d'induction enzymatique (E. coli sur glucose puis lactose, opéron lactose).
  • Numération des viables : dilutions décimales → étalement/incorporation sur gélose → comptage de 30 à 300 colonies → résultat en UFC/mL.
  • Turbidité (DO à 600 nm) : méthode rapide et simple mais seuil ≥ 10⁷ bactéries/mL, sans distinction vivantes/mortes ; chémostat = culture continue en phase exponentielle permanente.
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Génétique bactérienne : mutations et transferts génétiques

  • Bactérie haploïde : toute mutation s'exprime aussitôt ; mutation rare (10⁻⁶ à 10⁻⁹), spontanée, discontinue, héréditaire — l'antibiotique sélectionne les mutants résistants, il ne les crée pas.
  • Mutations ponctuelles (transition, transversion, frameshift) → effets silencieux, faux-sens ou non-sens (codon stop) ; macrolésions (délétion, insertion, inversion) affectent des segments entiers.
  • Transformation = ADN nu capté par une bactérie compétente, sensible à la DNase (Griffith 1928, principe transformant identifié comme ADN par Avery, MacLeod, McCarty 1944).
  • Conjugaison = contact direct par pilus sexuel, transfert du plasmide F (F⁺ → F⁻) ; souche Hfr = F intégré, transfert chromosomique ordonné (Lederberg et Tatum, 1946).
  • Transduction = transfert par bactériophage, généralisée (fragment chromosomique aléatoire, cycle lytique) ou spécialisée (prophage λ, gènes adjacents au site d'insertion).
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Agents antimicrobiens : stérilisation, antibiotiques et résistances

  • Stérilisation = destruction totale y compris spores (état absolu) vs désinfection (objet) et antisepsie (tissu vivant) ; pasteurisation (63 °C/30 min ou 72 °C/15 s) ne stérilise pas.
  • Autoclave 121 °C/15-20 min (référence) ; four Pasteur 170 °C ; filtration 0,22 µm (retient bactéries, pas virus) ; UV 254 nm (dimères de thymine).
  • Antibiotique = toxicité sélective sur cinq cibles : paroi (β-lactamines, glycopeptides), membrane (polymyxines), ADN (quinolones), ARN polymérase (rifampicine), ribosome (aminosides, macrolides, tétracyclines).
  • CMI (concentration minimale inhibitrice, bactériostase) vs CMB (concentration minimale bactéricide) ; antibiogramme par disques → sensible / intermédiaire / résistant.
  • Résistance naturelle (toute l'espèce) vs acquise (mutation ou gène plasmidique/transposon) ; quatre mécanismes : inactivation enzymatique (β-lactamases), cible modifiée, imperméabilité (porines), efflux actif.
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Les virus et les autres microorganismes

  • Virus = entité acellulaire de 20 à 300 nm, un seul type d'acide nucléique (ADN ou ARN), parasite intracellulaire obligatoire ; virion = capside (hélicoïdale ou icosaédrique) ± enveloppe lipidique.
  • Cycle lytique du bactériophage : adsorption → pénétration (ADN seul) → éclipse → assemblage → lyse (20-40 min) ; dénombrement en UFP (plages de lyse).
  • Cycle lysogénique (phage tempéré λ) : intégration en prophage, réplication passive, répresseur actif ; induction (UV, stress) → cycle lytique ; conversion lysogénique (toxine diphtérique, cholérique).
  • Virus animaux : attachement sur récepteur spécifique, pénétration par endocytose/fusion, décapsidation ; rétrovirus (VIH) rétrotranscrivent leur ARN via la transcriptase inverse.
  • Champignons (chitine, ergostérol) : levures par bourgeonnement vs moisissures en mycélium ; protozoaires : trophozoïte actif et kyste de résistance ; archées procaryotes sans peptidoglycane, souvent extrêmophiles, aucune pathogène connue.

Vocabulaire à connaître par cœur

Nucléoïde
chromosome bactérien libre dans le cytoplasme
Peptidoglycane
polymère NAG-NAM de la paroi bactérienne
Scissiparité
division bactérienne par fission binaire
UFC
unité formant colonie, bactérie viable dénombrée
Auxotrophe
exige un facteur de croissance non synthétisable
Conjugaison
transfert d'ADN par contact via pilus sexuel
Transduction
transfert de gènes bactériens par un phage
Prophage
génome de phage tempéré intégré au chromosome
CMI
plus faible dose d'antibiotique qui inhibe la croissance
β-lactamase
enzyme qui inactive les β-lactamines
Virion
particule virale complète hors de la cellule
Endospore
forme de résistance déshydratée de Bacillus/Clostridium