La paléontologie étudie les organismes ayant vécu autrefois à partir de leurs restes conservés dans les roches. Ce premier chapitre pose le vocabulaire de base — paléontologie et fossile — et retrace les grandes étapes qui ont fait passer les fossiles du statut d'objets curieux à celui de témoins scientifiques de l'histoire de la vie. Ces définitions et repères historiques reviennent régulièrement en début d'examen.
1. Définir la paléontologie
Le terme paléontologie vient du grec palaios (ancien), ontos (être) et logos (étude) ; il fut proposé par De Blainville en 1822 pour désigner la branche des sciences naturelles qui étudie les restes d'organismes ayant vécu autrefois à la surface de la Terre, ou fossiles. C'est une science à la croisée de la biologie, qui lui fournit ses cadres de classification, et de la géologie, qui lui fournit le support sédimentaire et le cadre temporel de ses objets d'étude.
2. Qu'est-ce qu'un fossile ?
Le mot fossile vient du latin fossilis, « extrait de la terre ». Un fossile est le reste, entier ou fragmentaire, d'un organisme ancien, ou toute trace de son activité biologique, conservé dans un sédiment ou une roche. On distingue les restes (parties dures de l'organisme, moulages internes ou externes, corps entiers dans des cas exceptionnels) des traces d'activité (pistes, terriers, perforations, coprolithes), objet de l'ichnologie. Cette distinction restes / traces structure toute l'étude des documents paléontologiques.
3. Un aperçu historique de la discipline
Dans la préhistoire, les fossiles servaient de parures ou étaient perçus comme des objets aux propriétés magiques. Dès le VIe siècle avant J.-C., Xénophane de Colophon puis Hérodote expliquent la présence de coquilles loin des côtes par un ancien recouvrement marin, tandis que les Gréco-romains n'y voient le plus souvent que des jeux de la nature. À la Renaissance, Bernard Palissy (1510-1590) remarque le premier que certains groupes anciens n'ont plus d'équivalents actuels, introduisant l'idée de formes disparues, quand Cesalpino avance de son côté l'hypothèse de déplacements marins pour expliquer les mêmes coquilles.
En 1546, Agricola forge le mot « fossile » sans en résoudre l'origine. À partir de 1688, Robert Hooke observe au microscope des foraminifères et du bois silicifié, et interprète correctement les lignes de suture des ammonites. Au milieu du XVIIIe siècle, Carl von Linné établit les règles de la nomenclature binominale, adoptées ensuite par la paléontologie, qui permettent de cataloguer systématiquement les collections de fossiles. La discipline se consolide au XIXe siècle avec les principes de la stratigraphie et l'usage des fossiles pour dater et corréler les couches géologiques.
Deux figures marquent le tournant du XIXe siècle. Georges Cuvier, en comparant les squelettes fossiles de grands mammifères à ceux des espèces actuelles, démontre par l'anatomie comparée la réalité des extinctions et fonde ainsi la paléontologie des vertébrés. Au même moment, l'ingénieur anglais William Smith observe que chaque couche sédimentaire renferme un assemblage de fossiles qui lui est propre et toujours dans le même ordre : c'est le principe de succession faunique, qui fonde l'usage des fossiles pour dater et corréler les terrains d'une région à l'autre, et sur lequel repose encore aujourd'hui l'essentiel de la biostratigraphie.
4. Les branches de la paléontologie
Selon la taille des objets étudiés, on distingue la macropaléontologie (fossiles visibles à l'œil nu) de la micropaléontologie (foraminifères, ostracodes, pollens… étudiés au microscope). Selon la finalité, on parle de paléontologie stratigraphique (datation et corrélation des terrains), de paléoécologie (reconstitution des milieux et des relations entre organismes), de paléontologie évolutive (mécanismes de transformation des lignées dans le temps) ou encore d'ichnologie (étude des traces). Ces branches se recoupent constamment dans une même étude de terrain.
Science qui étudie les organismes ayant vécu autrefois à partir des fossiles conservés dans les sédiments et les roches.
Reste entier ou fragmentaire d'un organisme ancien, ou trace de son activité biologique, conservé dans un dépôt sédimentaire ou une roche.
| Période | Contributeur | Apport |
|---|---|---|
| Antiquité | Xénophane, Hérodote | Coquilles loin des côtes = ancien recouvrement marin |
| Renaissance | B. Palissy | Notion de formes disparues, « genres perdus » |
| 1546 | Agricola | Invention du mot « fossile » |
| Fin XVII<sup>e</sup> | R. Hooke | Observation microscopique, sutures des ammonites |
| Milieu XVIII<sup>e</sup> | C. von Linné | Nomenclature binominale appliquée aux fossiles |
| 1822 | De Blainville | Création du terme « paléontologie » |
Quelques repères de l'histoire de la paléontologie
- Paléontologie (De Blainville, 1822) : étude des organismes anciens à partir de leurs fossiles.
- Fossile = reste (parties dures, moulages, corps entier) ou trace (pistes, terriers, coprolithes) conservé dans une roche.
- Palissy introduit la notion de formes disparues ; Agricola forge le mot « fossile » en 1546.
- Linné (XVIII<sup>e</sup> siècle) : nomenclature binominale, base du classement des fossiles.
- Branches principales : macro- et micropaléontologie, paléontologie stratigraphique, paléoécologie, paléontologie évolutive, ichnologie.
Les examens de Paléontologie des facultés marocaines ouvrent très souvent sur la définition précise de « paléontologie » et de « fossile », avec les étymologies attendues. Piège classique : confondre « fossile » (l'objet conservé) et « fossilisation » (le processus), ou oublier que les traces d'activité (ichnofossiles) sont aussi des fossiles à part entière, au même titre que les restes.